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Baleines noires empêtrées: des progrès réalisés, les efforts se poursuivent

Baleines noires empêtrées: des progrès réalisés, les efforts se poursuivent
Photo: Alison Ogilvie, Pêcheries NOAA /La Presse canadienneDes secours viennent en aide à une baleine en difficulté

Les efforts visant à libérer trois baleines noires de l’Atlantique Nord empêtrées dans des engins de pêche se poursuivent dans le golfe du Saint-Laurent, mais les opérations sont étroitement liées à la météo.

Après plusieurs jours de conditions météorologiques difficiles, Pêches et Océans Canada indique que grâce à une embellie mardi, ses agents ont «fait du progrès» pour libérer deux des trois baleines empêtrées dans des filets. Le ministère indique que «quand le temps le permettra», ses agents repartiront pour évaluer ces deux baleines et retrouver la troisième.

La baleine connue sous le nom de «4423», qui avait été partiellement libérée de ses filets jeudi dernier, a été repérée mardi matin lors d’un vol de surveillance aérienne, a annoncé le ministère. Les sauveteurs ont pu faire de nouvelles entailles dans les engins de pêche, mais ils n’ont pas pu libérer complètement le mammifère marin.

Plus tard mardi, une autre baleine, nommée «4440», a été repérée et les secouristes ont pu couper une corde allant de la mâchoire à la queue de l’animal, mais ils n’ont pas pu là non plus retirer complètement le matériel, a précisé le ministère. Cette baleine empêtrée avait été vue pour la première fois le 29 juin au large de l’île Miscou, au Nouveau-Brunswick, et des responsables ont déclaré alors qu’elle «semblait traîner quelque chose de lourd».

Lorsque les conditions météorologiques le permettront, la prochaine étape, pour les deux baleines partiellement libérées, consistera à évaluer, par voie aérienne, ce qui a été accompli après le travail de mardi.

Joe Gaydos, de la société SeaDoc de l’Université de Californie à Davis, explique que ce «démaillage» peut prendre du temps et que les baleines peuvent traîner ce type d’engins de pêche pendant longtemps. Il est donc prudent, selon lui, d’attendre quelques jours de plus pour assurer la sécurité des sauveteurs et être certains que les coupures opérées permettent réellement de se débarrasser des engins.

Travailler en amont

Gretchen Fitzgerald, directrice des programmes nationaux pour la Fondation Sierra Club du Canada, affirme que les sauveteurs font de leur mieux dans les circonstances. «C’est frustrant pour les personnes impliquées, mais le golfe du Saint-Laurent est très vaste et il peut parfois être hostile. Et je suis sûre qu’une baleine empêtrée n’est pas l’animal le plus facile à gérer», a-t-elle expliqué.

En plus des efforts de sauvetage à court terme, Mme Fitzgerald exhorte le gouvernement fédéral à prendre d’autres mesures, notamment en investissant des fonds supplémentaires pour soutenir le réseau d’intervention d’urgence auprès des mammifères marins. Plusieurs organisations, dont le Sierra Club, ont également demandé la création d’un groupe de travail composé de scientifiques, de chercheurs, d’organisations environnementales, de groupes de l’industrie et de décideurs gouvernementaux, qui serait chargé d’élaborer des solutions et de fournir une analyse et une réponse continues à la «crise des baleines».

Transports Canada et Pêches et Océans Canada ont mis en œuvre plusieurs mesures pour protéger les baleines noires gravement menacées d’extinction, notamment une surveillance accrue, des zones plus vastes de vitesses réduites pour les navires et une modification des critères qui déclenchent les interruptions de pêche.

ll ne resterait plus qu’environ 400 baleines noires de l’Atlantique Nord dans le monde. Au cours des dernières semaines, six sont mortes en eaux canadiennes; les nécropsies ont révélé que trois de ces décès étaient attribuables à des collisions avec des navires.

Selon Mme Fitzgerald, sept baleineaux sont nés cet hiver dans les pouponnières du sud, mais si le nombre de décès est aussi élevé que le nombre de naissances, la population de baleines noires de l’Atlantique Nord pourrait être en péril.

Hina Alam, La Presse canadienne