Le Plateau-Mont-Royal
05:00 24 mars 2021 | mise à jour le: 24 mars 2021 à 16:46 temps de lecture: 4 minutes

Rassemblements dans les parcs: la distanciation sociale est-elle illusoire?

Rassemblements dans les parcs: la distanciation sociale est-elle illusoire?
Photo: Dominic Gildener/Métro MédiaUn rassemblement de plus de 10 personnes dans le parc Jeanne-Mance (22 mars 2021).

Avec l’arrivée du printemps, les gens ont envie de se réunir à l’extérieur pour profiter de la belle température, surtout après des mois de confinement. Les rassemblements dans les parcs sont donc très populaires chez les Montréalais en ce moment. Est-il illusoire de croire que la distanciation sociale peut être respectée entièrement dans ce contexte?

La neige commence à peine à fondre que déjà, on peut aisément repérer des rassemblements de plus de 10 personnes qui jasent et se prélassent au soleil dans Le Plateau-Mont-Royal.

Le parc La Fontaine (23 mars 2021).

Le couvre-feu en vigueur empêche les gens de se réunir en groupe après 21h30. Pour ce qui est des rassemblements dans les parcs ou dans les espaces publics pendant la journée, l’important c’est que les mesures sanitaires soient bien appliquées afin de limiter la propagation, soutient le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dans un courriel envoyé à Métro.

Or, aux parcs Jeanne-Mance et La Fontaine, notre journaliste a observé plusieurs personnes, la plupart sans masque et à moins de deux mètres les uns des autres, réunis autour des bancs et des tables de pique-nique.

Le Ministère concède que la tentation de se réunir est forte, mais demande aux Québécois de continuer à faire preuve de prudence.

«C’est certain qu’il faut demeurer prudent même avec l’arrivée du beau temps. Le virus circule toujours et la présence des cas de variants est l’élément principal que l’on doit observer tant qu’une majorité de personnes n’est pas vaccinée», explique le MSSS.

En zone rouge, les activités de loisirs et de sports peuvent être pratiquées dans les lieux publics extérieurs par des groupes limités à huit personnes qui ne résident pas à la même adresse ou par les occupants d’une même résidence, rappelle le gouvernement.

Présence policière

Du côté du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), on indique que des policiers se rendent souvent dans les parcs pour s’assurer que les règlements sont respectés. Ils tentent tout de même d’avertir les gens dans un premier temps lorsque possible.

Chaque poste de quartier a la responsabilité d’assurer une présence policière spécifique aux problématiques locales observées dans le but de faire de la sensibilisation, mais également de faire appliquer les mesures sanitaires en place, mentionne le SPVM dans un courriel.

«Avec l’arrivée du beau temps et d’une plus grande présence des citoyens dans les parcs et les lieux publics, le SPVM continuera d’être présent sur le terrain pour assurer le respect des mesures sanitaires, toujours en soutien à la Santé publique.»

Se réunir, un besoin

Beaucoup de Québécois ressentent les effets de l’isolement, que ce soit de l’anxiété ou de la déprime, souligne le président de l’Association des psychologues du Québec (APQ), Charles Roy. En raison du confinement, les contacts humains se font plus rares qu’auparavant depuis un an. Avec l’arrivée du beau temps, ce n’est pas étonnant que les gens cherchent à combler ce manque en se rassemblant à l’extérieur, selon lui.

«Fondamentalement, on est des êtres sociaux puis on se construit comme êtres humains dès l’enfance à partir du contact», partage M. Roy.

Au-delà du virtuel, les gens ont besoin de se voir physiquement et de se parler, mais aussi de se toucher, même si ce n’est que par une poignée de main ou un câlin, afin de bien se sentir. Cela renforce l’estime de soi. Le contact physique est un besoin fondamental chez l’être humain, exprime-t-il.

Non seulement la santé mentale s’en voit affectée positivement, mais aussi la santé en générale.

«Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, le contact humain contribue même à renforcer notre système immunitaire. Alors en négligeant notre besoin de nous connecter aux autres, on met notre santé en péril d’une certaine manière», prévient M. Roy.

Après la pandémie, les psychologues s’attendent à avoir énormément de travail. Plusieurs patients pourraient ressentir des effets à retardement par rapport à ce qu’ils ont vécu pendant les nombreux mois de confinement et devront être traités, selon le président de l’APQ.

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